Tumblr  AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


naven #1 + lucid dream  :: dream a little dream of me :: la faille spatio-temporelle :: à travers les âges
avatar

Avatar : iu.
Statut/orientation : //
Crédits : pastel breathing.
Pseudo : hrsy.
DC(s) : //
Messages : 29
Date d'inscription : 12/05/2018
Flooz : 630
Choi Nari
poussières d'étoiles

iu.
//
pastel breathing.
hrsy.
//
29
12/05/2018
630

Avatar : iu.
Statut/orientation : //
Crédits : pastel breathing.
Pseudo : hrsy.
DC(s) : //
Messages : 29
Date d'inscription : 12/05/2018
Flooz : 630
Voir le profil de l'utilisateur

http://thirdwave.forumactif.com/ http://thirdwave.forumactif.com/ http://thirdwave.forumactif.com/v http://thirdwave.forumactif.com/ http://thirdwave.forumactif.com/ http://thirdwave.forumactif.com/

Mer 13 Juin - 17:57

flashback
ft. raven
Not shy of a spark a knife twists at the thought that I should fall short of the mark, frightened by the bite though it's no harsher than the bark. middle of adventure, such a perfect place to start
©️ ic: tweekdisorder.

(2005 - 2018)


Then + C’est un enfant-soleil, Wei. Rayon fragmenté, fragrance liberté.
La première fois qu’elle lui a parlé, il y avait de la fatigue dans sa voix à elle, une lueur espiègle dans ses yeux à lui. Elle cherchait Namjoon, ce jour-là, et s’adresser à l’un des plus proches amis de son frère avait été autant une évidence qu’un défi. Du haut de son perchoir il avait incliné la tête, intrigué, mais peu disposé à descendre ; elle avait dû le rejoindre au sommet.
Elle est un peu gauche, Nari, malgré la pratique, quand elle escalade la roche avec attention. C’est un enfant-soleil, Wei, de ceux dont l’éclat atténue la tourmente inhérente aux quartiers sud, mais pas que. Il a des ailes, passe la moitié du temps à tutoyer le ciel ; et à s’y essayer, Nari s’y est abonnée.
Ses phalanges agrippent avec application les repères qu’il lui a montrés au fil de leurs escapades. Et dans sa cage son coeur tambourine, oscille entre goût pour cette piqûre d’adrénaline et trouble à la pensée de— trop de choses. Du vide, en bas, qui l’engloutirait au moindre faux pas ; du vide, en haut, qui l’attend peut-être comme les quatre dernières fois.
C’est encore le cas : il n’est pas là.
Elle est persévérante, Nari, méticuleuse et appliquée. Il lui fallait constater, vérifier, retenter, confirmer — mais elle n’est pas stupide. Sait à présent qu’il n’est pas question d’un empêchement temporaire, mais bien d’un point final. Sourire triste aux commissures, elle coince sous un bout de roche la lettre plus dessinée que rédigée qu’elle lui a adressée ; un au revoir, un remerciement, un peu de tout, un peu de rien. Elle est amère mais refuse de le rester. C’était une amitié un peu étrange, incongrue, parenthèse dans le temps. C’était un exutoire, l’occasion inespérée d’exister au-delà de ses livres. Mais il y avait constamment l’ombre du double de Wei— de sa moitié ; et le mécontentement teinté d’agacement sur les traits à la fois similaires et tellement moins avenants de Lei, lorsqu’il les voyait ensemble, avait tout d’un compte à rebours. C’était inévitable, elle suppose ; qu’il gagne à la fin.

2014 + Il est infernal.
Même juste de loin, même de réputation.
C’est un peu un triste coup du sort que d’avoir une petite soeur de l’exact âge de Yeol Lei (on dit Raven, désormais, il paraît) — parce qu’elle en parle, du coup, de ce pseudo tombeur, de ses conquêtes à foison, ses frasques à répétition. Nari ne le voit jamais, quant à elle, et c’est tant mieux ; elle ne le supporte déjà pas à distance. Ne peut rien faire d’autre, au bout du compte, que serrer les dents, anxieuse, et distiller des mises en garde. « Ne l’approche pas trop, d’accord ? Je ne supporterais pas qu’il te blesse. » Elle se voudrait ferme, Nari, mais n’est que douceur, presque supplique. Elle implore, le coeur dans les talons à la seule idée que sa soeur puisse fondre pour ce sourire canaille dont elle semble friande. Et la plus jeune de lever aux ciel, de répliquer : Mais il est où le plaisir de vivre si on prend jamais aucun risque ? Unnie, tu n’en as pas marre de suivre autant les règles, d’être toujours si raisonnable ? Mais c’est son rôle d’aînée ; et sur ses frêles épaules s’accumulent l’envie de satisfaire leur père et celle de protéger ses cadets, quitte à s’oublier elle.
C’est un black hole, Lei. Pétris d’arrogance, fort de son inconscience, seulement bon à se jouer des sentiments d’autrui — à les solliciter un temps, s’en lasser tôt, puis piétiner sans égard ce qu’il délaisse après usage. C’est un black hole, Lei, et peut-être bien que quand elle y repense, Nari lui en veut encore d’avoir bafoué sans scrupules l’une des seules amitiés qui tenaient l’asphyxie à distance ; peut-être qu’elle le voit toujours comme le gosse égoïste d’antan, même après tout ce temps.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Avatar : jeon jeongguk.
Statut/orientation : les courbes féminines allèchent et d'un regard évasif, la langue humecte les lèvres. les hanches dansent et ses mains s'y accrochent - danse encore, séduisons-nous. et au milieu de la pénombre, un regard illumine son cœur et dévore la part d'ombre - c'est elle, et ça sera elle pour toujours.

OH PRETTY BABE LUCKY FOR YOU
I GOT ALL THESE DADDY ISSUES

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
(à savoir) Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Vestibulum sed molestie elit, in laoreet turpis. Sed at justo in leo viverra ullamcorper eu blandit metus. Integer eleifend, urna vel interdum mattis, mi risus sodales ipsum, sit amet laoreet nibh justo a nisl. Nam eros justo, sagittis sit amet ex vitae, fringilla tincidunt ligula. Duis pellentesque justo eu sem bibendum, id ullamcorper turpis blandit. Proin lacinia ex varius magna mollis, ac tempor leo luctus. Vivamus commodo elit id justo bibendum, sed porttitor sem sagittis. Morbi porttitor tincidunt risus vel tristique. Phasellus dapibus, sapien eget vulputate euismod, turpis massa posuere tellus, in volutpat diam lectus at tellus. Nulla facilisi..
Crédits : © noctua.
Pseudo : narcoptic.
DC(s) : yoon sina (lisa, blackpink)
Messages : 78
Date d'inscription : 12/05/2018
Flooz : 775
Yeol Raven
poussières d'étoiles

jeon jeongguk.
les courbes féminines allèchent et d'un regard évasif, la langue humecte les lèvres. les hanches dansent et ses mains s'y accrochent - danse encore, séduisons-nous. et au milieu de la pénombre, un regard illumine son cœur et dévore la part d'ombre - c'est elle, et ça sera elle pour toujours.

OH PRETTY BABE LUCKY FOR YOU
I GOT ALL THESE DADDY ISSUES

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
(à savoir) Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Vestibulum sed molestie elit, in laoreet turpis. Sed at justo in leo viverra ullamcorper eu blandit metus. Integer eleifend, urna vel interdum mattis, mi risus sodales ipsum, sit amet laoreet nibh justo a nisl. Nam eros justo, sagittis sit amet ex vitae, fringilla tincidunt ligula. Duis pellentesque justo eu sem bibendum, id ullamcorper turpis blandit. Proin lacinia ex varius magna mollis, ac tempor leo luctus. Vivamus commodo elit id justo bibendum, sed porttitor sem sagittis. Morbi porttitor tincidunt risus vel tristique. Phasellus dapibus, sapien eget vulputate euismod, turpis massa posuere tellus, in volutpat diam lectus at tellus. Nulla facilisi..
© noctua.
narcoptic.
yoon sina (lisa, blackpink)
78
12/05/2018
775

Avatar : jeon jeongguk.
Statut/orientation : les courbes féminines allèchent et d'un regard évasif, la langue humecte les lèvres. les hanches dansent et ses mains s'y accrochent - danse encore, séduisons-nous. et au milieu de la pénombre, un regard illumine son cœur et dévore la part d'ombre - c'est elle, et ça sera elle pour toujours.

OH PRETTY BABE LUCKY FOR YOU
I GOT ALL THESE DADDY ISSUES

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
(à savoir) Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Vestibulum sed molestie elit, in laoreet turpis. Sed at justo in leo viverra ullamcorper eu blandit metus. Integer eleifend, urna vel interdum mattis, mi risus sodales ipsum, sit amet laoreet nibh justo a nisl. Nam eros justo, sagittis sit amet ex vitae, fringilla tincidunt ligula. Duis pellentesque justo eu sem bibendum, id ullamcorper turpis blandit. Proin lacinia ex varius magna mollis, ac tempor leo luctus. Vivamus commodo elit id justo bibendum, sed porttitor sem sagittis. Morbi porttitor tincidunt risus vel tristique. Phasellus dapibus, sapien eget vulputate euismod, turpis massa posuere tellus, in volutpat diam lectus at tellus. Nulla facilisi..
Crédits : © noctua.
Pseudo : narcoptic.
DC(s) : yoon sina (lisa, blackpink)
Messages : 78
Date d'inscription : 12/05/2018
Flooz : 775
Voir le profil de l'utilisateur

http://thirdwave.forumactif.com/ http://thirdwave.forumactif.com/ http://thirdwave.forumactif.com/v http://thirdwave.forumactif.com/ http://thirdwave.forumactif.com/ http://thirdwave.forumactif.com/

Mer 13 Juin - 22:15

flashback
ft. raven
Not shy of a spark a knife twists at the thought that I should fall short of the mark, frightened by the bite though it's no harsher than the bark. middle of adventure, such a perfect place to start
©️ ic: tweekdisorder.

(2005 - 2018)


et il semblait de ces garçons qui naquirent damnés - de ces êtres marqués par la flamme au poignet, propriété de lucifer, l’ange promis aux enfers. de gabriel, n’en avait que le teint, l’opale de son épiderme qui, parfois, osait virer au carmin. pourtant, il fut de ces garnements si débordants de vie que les soupires exaspérés accompagnaient son passage en litanie - symphonie qui attisait les rires. et de leurs râles, il en fit son étendard. fauteur de trouble aux yeux abyssaux - cet océan de noir qui borde les iris et promet la plus silencieuse des vagues. celle qui, bordée d’innocence, vient pourtant agiter la surface, n’épargne rien. lei, le diablotin aux orbes rieurs, cet être rongé par le feu intérieur ; mais aussi, lei, l’enfant honteusement énergique, ses grognements et ses joues bombées d’une réprimande méritée. cette mèche indomptable obstruant sa vue, barrant son front, servant de décor à ce tableau juvénile. et un jour, sans crier gare, elle s’imposa dans sa vie : dame j a l o u s i e. au miroir, le reflet en est deux - au matin, leurs corps s'entrelacent dans le plus obscène des secrets et ses mains se perdent sur la nuque de cet autre - de ce lui ; de sa vie. une moitié que l’on ne peut partager - et entre eux, et pour les autres, c’est un combat déjà gagné. puis un jour, il a éclaté - de ses lèvres ont coulé les insanités, il a poussé les astres à s’agiter alors que le feu, de ses veines, de son sang, se délectait. « j’veux plus qu’tu la vois. c’est elle, ou c’est moi. » les mots furent poison. hors, la réponse fut entendue à l’avance, nul besoin de mots pour en clamer l’évidence : c’était lui. c’était toujours lui.


2015 - elle est l’écume d’une mer agitée, le vent qui fait tressaillir les feuilles des arbres, le souffle de l’âme en chaque inspiration - elle est partout, mais nul part. elle est vivace, et insaisissable : elle, c’est la douleur qui l’accable. les yeux cernés de noir, et cette flamme éteinte au sein de ses pupilles - lei est mort, et ne subsiste que par les nerfs qui font bien souvent tressauter les membres de son corps. les sourires sont façades, mais la charpente est friable - hors pour eux, il s’évertue, délivre l’ultime énergie pour faire résonner les rires. parce qu’ils ne méritent pas ça. namjoon ((yerim)), sasha, ilnam, mais surtout W E I. trop vivants pour s’adonner à la noirceur du néant - trop heureux pour le corbeau qu’il devient dans l’ombre de la nuit, là où personne n’observe les perles qui roulent sur ses joues d’opale. mais la douleur est absinthe, noie le chagrin, maintient en vie - et la douleur est déchirante, pénètre son cœur d’obsidienne. les sanglots étouffés contre le dos d’une main, ceux que même un frère ne saurait consoler - t’es parti, on est restés, on a changé, qu’est-ce qu’on devient ? t’es parti, on est restés, mais bon sang, vient me chercher ((j't'en supplie)). les pupilles ont souvent fixé les lames de son rasoir, celui qu’il a laissé ((comme tout le reste, et lei attend si désespérément qu'il revienne, ne serait-ce que pour la chercher. c’est pour ça, qu’il a refusé à sa mère le droit de les jeter)) ; les yeux ont dévoré cette délivrance contenue en quelques bouts de métal oxydé - parfois, ils ont percé, le sang à coulé. mais jamais, plus loin, il n’a osé aller. t’es parti, on est restés, on a changé, laisse moi te rejoindre. et en une ultime tentative ((elle sera la dernière, le styx n’est pas encore prêt à son passage. lucifer se doit de le recevoir en grandes pompes - il s’agit après tout de son enfant)) - et en une ultime tentative, la lame assoiffée de carmin, aux babines sanglantes, rejoint le sol. il ne peut pas - n’a jamais pu. pas alors qu’au dehors d’une rue salie, ils l’appellent pour une partie de football - pour eux, il pouvait pas. et puis, on s'habitue à vivre avec le désespoir.

J O U R 1 - merde, merde, merde, merde. pourquoi t’as fait ça, pourquoi j’étais là. poupée pendue, jeux d’enfants oubliés.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Avatar : iu.
Statut/orientation : //
Crédits : pastel breathing.
Pseudo : hrsy.
DC(s) : //
Messages : 29
Date d'inscription : 12/05/2018
Flooz : 630
Choi Nari
poussières d'étoiles

iu.
//
pastel breathing.
hrsy.
//
29
12/05/2018
630

Avatar : iu.
Statut/orientation : //
Crédits : pastel breathing.
Pseudo : hrsy.
DC(s) : //
Messages : 29
Date d'inscription : 12/05/2018
Flooz : 630
Voir le profil de l'utilisateur

http://thirdwave.forumactif.com/ http://thirdwave.forumactif.com/ http://thirdwave.forumactif.com/v http://thirdwave.forumactif.com/ http://thirdwave.forumactif.com/ http://thirdwave.forumactif.com/

Jeu 14 Juin - 23:41

flashback
ft. raven
Not shy of a spark a knife twists at the thought that I should fall short of the mark, frightened by the bite though it's no harsher than the bark. middle of adventure, such a perfect place to start
©️ ic: tweekdisorder.

(2005 - 2018)



#warning ; tentative de suicide



Th e n + Il y a l'équilibre. Précaire. Le tableau de sa vie se décline en pas de funambule. Elle évolue sur un fil, Nari, oscille, vacille, mais ses mains s'accrochent avec obstination à ce qui compte. C'est peu, et c'est précieux ; des bribes de rêves crayonnés sur le papier, quelques proches. C'est presque rien, mais tout à ses yeux.
Des rêves— qui s'étiolent et se redessinent, se peaufinent, s'affinent. Elle voudrait vivre d'art et de passion, mais rien ne compte plus en ce monde que le pouvoir. Pour parler, pour compter, pour protéger. Alors elle se défait de ses illusions, les troque contre une dose supplémentaire de raison, se pare d'ambitions.
Des proches— mais le contrôle lui échappe, ruisselle entre ses phalanges comme une hémorragie. Namjoon est devenu Yeri, gommée de l'équation qu'est leur pseudo-famille comme une vulgaire rature. Et leur petite soeur, vissée à son siège de bureau, sourire cynique aux lèvres, souffle qu'ils ne sont rien de glorieux, seulement des draggable and droppable elements : sélectionnés d'un clic, déplacés à volonté telle des poupées de pixels ; et glissés à la corbeille au moindre défaut de programmation.
On nie jusqu'à l'existence de Yeri. Nari suffoque de l'intensité du manque, se sent impuissante, coupable. La voit peu, à la faveur de nuits ou d'instants volés, comme un secret honteux, comme si le sang animant leurs veines n'était en rien le même ; jusqu'à ce que papa s'agace de ses escapades et l'occupe autrement, plus exigeant encore, plus intransigeant.
Elle ne vit plus que pour étudier, Nari, respire pour mémoriser. Tant pis si les yeux fatiguent, si l'anxiété s'intensifie, si le manque de sommeil la ronge, si taire les sentiments qui la bouffent tisse des nœuds de son esprit à son cœur. La compétition rythme ses jours et ses nuits, acharnée, jusqu'à la nausée. Le classement, le classement le classement, litanie omniprésente, il faut trôner aux sommets des rangs nationaux — sinon à quoi bon exister ? Il le répète sans cesse, papa : qu'échouer est impardonnable, qu'être moins qu'excellent est inconcevable. Et la solitude la drape à nouveau de son lourd manteau, infâme compagne ; l'étreint jusqu'à l'étouffement (elle se rompt ponctuellement pour des noms et des visages qui s'imposent au premier-plan de sa vie, puis la laissent irrémédiablement).
Juste ainsi, tout se délite.
Drag and drop, elle songe, de plus en plus souvent, entre semi-conscience et rêve lucide sur un coin de livre, crevée. Drag and drop,
drop,
drop,

— d r o p
(le fil cède, c'est la chute libre)

J O U R 1 (collision) + C'est une curieuse sensation au creux du ventre, que la terrible certitude d'une fin imminente. Elle se souvient d'y avoir songé pour la première fois au matin du suneung, Nari ((“ je pourrais en finir ”)) — ça lui avait traversé l'esprit, éclair fugace. elle aimerait pouvoir prétendre que l'idée ne s'est pas ancrée dans ses pensées au fil du temps, pouvoir croire qu'elle ne l'a pas talonnée jusqu'à présent ; comme une ombre troublante qui se dessine sans crier gare, se dissipe lorsqu'on tente de mieux la percevoir. jusqu'à devenir assez récurrente pour se faire tangible.
C'est une curieuse sensation — entre les eaux glacées d'une sérénité sordide et la brûlure de la panique, entre ciel et enfer. Ses mains tremblent à peine lorsqu'elle noue la corde avec son habituelle rigueur de bonne élève, lorsqu'elle empile de vieux bouquins laissés là des lustres plus tôt. Cette planque était un havre, à l'époque où elle se rendait avec ses frères et soeurs dans le quartier-misère de sa mère. Ce n'était pas un qg secret, juste une baraque abandonnée ouverte de toutes parts, portes et volets manquants ; elle avait l'habitude de s'asseoir sur le rebord béant qui avait autrefois fait office de fenêtre, pour lire pendant les garçons (Joon, Wei, Lei, Ilnam) jouaient au foot dans la cour adjacente.
Et elle était heureuse, la Nari d'avant ; assez pour que le fantôme d'aujourd'hui y retourne en quête de la paix qu'elle ne trouve plus nulle part.

Il y a l'équilibre. Précaire. Elle est hissée sur une pile de livres comme elle l'a été presque toute sa vie, et la corde hérisse sa nuque de frissons en lui caressant la peau.
C'est l'instant où, réellement, elle prend conscience
de l'éphémirité de l'existence.
Il suffirait de peu ; un mouvement, un rien, pour basculer
mais soudain la distance entre ses pieds et le sol lui semble plus vertigineuse que toutes les falaises escaladées avec Wei, et elle n'est plus si certaine. Son cœur pulse comme jamais auparavant, et s'affole, et hurle ((non, je veux battre encore)), et elle songe à tout ce que sa vision étriquée par l'épuisement lui avait masqué. À sa mère, à ses frères et soeurs (à Kaelan, qu'elle a perdu (et ça lui semblait si irréversible, avant maintenant)) ; à tout ce qu'il lui reste à accomplir, à apprendre, à voir, à tous ces lieux qu'elle pourrait visiter.
Sursaut de vie-panique. Elle est comme lucide à nouveau et l'impulsion lui souffle de se dépêtrer de ce nœud coulant. Elle tente de s'exécuter, fébrile— dérape.

Le fil se tend, c'est la chute libre.
ses doigts s'agrippent, et tirent, et tirent, mais la caresse de la corde est devenue étau, étouffe, étouffe. Elle ouvre grand les lèvres sur un cri muet ou une tentative d'engloutir une bouffée d'oxygène qui se bloque à sa gorge, pas plus loin, et la laisse suffoquante ; les réserves se vident et le sang pulse et s'affole et rugit et elle veut vivre vivre vivre ! mais ses jambes s'étirent sans trouver de prise, la pile de livres a glissé et s'est effondrée et elle veut pleurer
(panique, panique, panique)
Mais quelque chose lui attrape les cuisses et elle n'essaye même pas de comprendre (qui comment pourquoi ?) ; elle s'y accroche avec toute l'intensité de son désespoir. Ses jambes s'enroulent autour d'un (corps ?)
peu importe
elle a un appui et la pression s'atténue et ses phalanges s'acharnent sur le nœud coulant atrocement serré pour le détacher et une main fébrile se joint aux siennes et— Le fil cède.
Elle chute. Encore. Mais il y a quelqu'un en bas, cette fois ; de ses bras, de ses jambes, de toute la force que lui insuffle la terreur, elle s'affaisse contre l'autre, tremblant de tous ses membres. Il parle, mais elle n'entend pas, assourdie par le liquide vital qui tambourine à ses tempes, par la brûlure de l'air qui se rue jusqu'à ses poumons, par l'irritation de l'épiderme là où la corde a serré si fort que ses cordes vocales demeurent éteintes lorsqu'elle tente de répondre aux pourquoi ? clamés contre elle.
Elle ne veut pas répondre, de toute façon. Peu à peu le monde reprend consistance et ses sens s'éveillent, à la fois à vif et en sourdine ; elle perçoit qu'il s'agit de Wei— non, pas lui. Raven. C'est Raven. Et il tente de la lâcher, et elle ne veut pas.
(elle ne veut pas mourir, elle veut vivre vivre vivre vivre)
Elle le serre plus fort, il jure, elle s'agrippe plus fort
Elle ne veut pas mourir.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas
 
naven #1 + lucid dream
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Dream Créas
» Version 27 : Sweet Dream
» Présentation créa'dream
» Dream High (K-DRAMA)
» Plantages RRTC 5.8 F1 !!!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
THIRD WAVE :: dream a little dream of me :: la faille spatio-temporelle :: à travers les âges-
Sauter vers: